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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Mar 18 Aoû 2015 20:12 
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3/ The Nightmare before Christmas (Daredevil 241) :

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Sous une très belle couverture de Mike Zeck et Klaus Janson se cache certainement la plus faible histoire écrite par Nocenti durant la première moitié de son run mais qui est une curiosité pour son dessinateur invité : Todd Mc Farlane.

C'est Noël à Hell's Kitchen.
Daredevil passe du temps avec les Fatboys et empêche les malandrins de racketter les bonnes âmes.
Karen prépare le dîner en companie d'Hilda, ex-junkie larguée par son amant et protégée de notre couple de héros.
Le Trixter, un cascadeur maître du déguisement au chômage décide d'amuser les gens mais aussi d'attirer l'attention de celui qu'il considère comme une âme-soeur, Daredevil.
Il se lance donc dans une série de cascades de haut-vol sans se rendre compte qu'il met le public en danger.
DD intervient mais est considéré comme un trouble-fête bagarreur par la foule. Lors d'une de ses confrontations avec le Trixter, ce dernier se crucifie au sommet de l'Empire State Building comme un émule d'Houdini mais finit brûlé par la foudre.

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Une histoire très.... confuse.
Pourtant Ann Nocenti déborde d'idées, de beaucoup d'idées, de trop d'idées justement.
Il y a pleins de réflexions et d'amorces d'idées intéressantes dans cet épisode sauf que la scénariste n'arrive pas à les canaliser dans une histoire cohérente.
Du coup, la lecture de ce numéro se révèle quelque peu difficile tant tout cela est assez abscon.
L'histoire semble partir dans toutes les directions pour finalement n'aller nulle part.

C'est bien dommage parce qu'en soit ce loner regorge de moments et de dialogues qui pris séparément les uns des autres sont assez excitants sauf que Nocenti n'arrive pas vraiment à les lier entre elles de manière cohérente, naturelle ou passionnante.
En conséquence de quoi, c'est un coup d'épée dans l'eau même si la scénariste met ici en exergue quelques points et motifs qu'elle développera de bien meilleure manière par la suite.

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Il y a bien sûr ce Noël des déshérités sur lequel elle reviendra deux fois par la suite.
L'omniprésence de la neige ainsi que la figure d'un ange déguisé en diable affrontant un (faux) démon sont aussi des images que nous reverrons plus tard.
Il y a son portrait de Karen Page qui se réalise et retrouve un sens à sa vie en aidant les autres.
Il y a l'image d'un DD incognito sous un chapeau et un imper et son rapport avec les enfants qu'il tente de guider mais aussi l'influence néfaste que peut aussi avoir un acrobate casse-cou sur eux.
Il y a encore et toujours l'image publique du justicier qui se trouve décontenancé par les réactions de Karen, la foule, Trixter ou les Fatboys face à sa manière d'être et dont ils ne retiennent que le spectaculaire et la violence.

Autant de bonnes idées qui malheureusement n'arrivent pas encore à se concrétiser de manière cohérente ou excitante. Un brouillon en somme mais qui contient pas mal de germes pour la suite.

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Côté graphique, le Mc Farlane de l'époque se révèle forcément plus excitant que l'ennuyeux Williams et parvient à donner un certain dynamisme. De plus son côté cartoony et grotesque s'accorde finalement assez bien à ce conte de Noël déviant.
En transit entre Hulk et Spider-Man, il effectue un clin d'oeil sympathique à son propre parcours lorsque le Trixter fanfaronne dans une boutique de déguisements où l'on trouve des tenues des deux héros précités mais aussi de Batman, Coyot et Infinity Inc , séries qu'il anima.

Par contre, on retrouve les défauts habituels du dessinateur comme des physiques bizarroïdes, une narration décousu, des personnages en ombres chinoises...
Il se permet même de décalquer certaines cases célèbre de Miller ou Mazzuchelli, ce qui constitue un bel aveu d'impuissance.

Agréable donc mais pas non plus transcendant et qui ne parvient malheureusement pas à masquer l'indigence du scénario.

4/ Money, it's a gas (Daredevil 242) :

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Un autre loner dessiné encore une fois par un dessinateur invité, le vétéran Keith Pollard, mais cette fois-ci plus intéressant et plus regroupé dans son propos.

Joe est un pauvre travailleur syndicaliste révolté par la façon inhumaine dont son patron traite ses employés.
Lors d'une discussion, il pète un câble et assassine le « riche porc capitaliste » et sa femme.
Horrifié par ce qu'il a fait, il décide de se rendre et appelle la police. Ces derniers croyant à un canular, il contacte le Daily Bugle ou un certain Simon en mal de scoop sent qu'il tient là un bon papier et convainc Joe qu'il n'est finalement qu'une sorte de Robin des Bois moderne.
Joe le prend au mot et décide de s'en prendre à tous ceux qu'il considère comme de vilains exploiteurs sous le nom de Caviar Killer.
Toute cette folie est bien sûr alimentée par les manipulations de Simon qui le suit à la trace et reporte ses exploits dans le Bugle, en faisant ainsi un héros hors-la-loi pour les travailleurs.

Pendant ce temps, il commence à y avoir de l'eau dans le gaz entre Karen et Matt.
Il faut dire qu'elle est quelque peu perturbé par l'image violente de son homme que les médias véhiculent. Est-ce que ces mains couvertes du sangs des malfrats sont bien les mêmes qui l'enlacent tendrement tous les jours ?
Matt, lui, ne semble pas comprendre l'opinion qu'on les médias, les habitants de New York et sa compagne ont à l'égard de ses méthodes.
Il ne comprend d'ailleurs pas plus pourquoi les partisans de Joe l'empêchent d'appréhender le tueur.
Heureusement, les mots de DD réussissent à faire prendre conscience à Joe qu'il est allé trop loin et ce dernier se rend aux autorités.
Le diable rouge livre aussi Simon à la justice considérant qu'il partage aussi la responsabilité dans toute cette affaire.

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Un numéro avec encore plusieurs maladresses mais qui fonctionne néanmoins toujours assez bien pour notre époque ayant vu défiler les indignés et autres « occupy Wall Street ».
Alors certes, traiter de tout cela en 1 seul comic book de 22 pages entraîne forcément des raccourcis et autres facilités. Le tout aurait gagné à être décompressé sur plusieurs numéros afin d'être traité plus en profondeur mais aussi afin d'éviter un sentiment de zapping qui fait que la carrière de Joe et de ses partisans ainsi que la résolution de la faire semble être survolées (elles le sont).

Il y a néanmoins de quoi se mettre sous la dent dans ce récit traitant pêle-mêle des luttes de classe, des constructions médiatiques et de la course au sensationnel, du décalage entre l'image et la réalité, des leaders dépassés par les mouvements auxquels ils donnent naissance...
Nocenti ménage toutefois la chèvre et le chou et la conclusion diffère de l'arc consacré à Rotgut. Ainsi, si le patron de Joe était l'exemple typique du « patron salaud » (jusqu'à la caricature), la femme qu'il assassine quelques pages plus loin utilisait sa richesse afin afin de soutenir les plus démunis.
Les circonstances et les convictions honorables de Joe n'apportent donc aucune légitimité à ses meurtres et il doit donc répondre de ses actions devant la loi. De plus, l'histoire malgré son ton toujours très à gauche typique de la scénariste rejette néanmoins le fantasme du grand soir cher aux communistes de tous poils.

Par contre, la charge envers les médias est sévère puisqu'elle y dépeint des journalistes plus soucieux de raconter une « histoire », un roman médiatique, que d'apporter la vérité (sauf Urich, évidemment). Si elle pointe la responsabilité que peuvent avoir les médias, la conclusion prête quand même à sourire tant on se demande bien quel tribunal pourrait condamner Simon.

La scénariste continue d'explorer l'image de DD auprès du public et de questionner ses actions afin de préparer le retour d'un Murdock juriste même si ce ne sera pas pour tout de suite et pas sous la forme que les lecteurs connaissaient jusqu'alors.

Keith Pollard accomplit pour sa part un travail classique dans la forme mais pas foncièrement désagréable, un peu dans la lignée d'un Sal Buscema.

Au final, on obtient un loner remplit de certaines maladresses toujours principalement dues à une volonté de dire beaucoup (trop?) en peu de pages et une vision de la société très marquée qui divise le lectorat.
Reste que les thématiques de l'épisode pourraient encore trouver leur place de nos jours (l'exemple de l'arc de Spider-Man avec Electro vient immédiatement à l'esprit).

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Mer 19 Aoû 2015 11:51 
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Winnetouch a écrit:
-Pour le second point, je pense justement que l'optique de Nocenti n'est pas de créer une figure horrifique et donc que le caractère effrayant (rouge) n'est pas ce qui l'intéresse dans cette histoire mais plus le côté pathétique du serial killer.

Mais tu donnes lequel des deux sens à pathétique ?

Winnetouch a écrit:
edit: Et maintenant, je vais te donner du grain à moudre avec l'histoire du Caviar Killer :lol:

Oui, tout à fait. Elle est totalement, à mes yeux, dans le déni de la réalité en cherchant une sorte d'excuse à son tueur, afin que finalement, la propre responsabilité du tueur soit à peu près équivalente à celle du journaliste. Ensuite, le coup du "méchant capitaliste" et de la "gentille riche" que c'est pas bien de la tuer parce qu'elle aide les pauvres, c'est tellement caricatural que cela en devient risible. Risible et même contre-productif. Car je pense, comme toi, que l'idée de Nocenti est de dire "oh c'est pas bien de tuer...." sauf que la suite de sa phrase, avec cet épisode, c'est "... parce qu'on peut se tromper de cible". Ben, non. Même le salaud du début, ce n'est pas normal de le tuer (sauf si Nocenti se présente comme partisan de la peine de mort - ce dont je doute fort). Alors, tu optes pour les maladresses de débutante ; pourquoi pas ? Mais, il est aussi possible de considérer que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément »… et, a contrario, quand les idées ne s’énoncent pas clairement, c’est qu’à la base, les idées elles-mêmes sont brouillonnes, inachevées et, soyons dur, pas réfléchies du tout. Nocenti en reste au niveau de l’affectif (« ça, c’est vilain », « ah mais ça c’est bôôôôôôô ») et a jeté à la poubelle tout effort de réflexion personnelle.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Mer 19 Aoû 2015 12:11 
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ThierryM a écrit:
Winnetouch a écrit:
-Pour le second point, je pense justement que l'optique de Nocenti n'est pas de créer une figure horrifique et donc que le caractère effrayant (rouge) n'est pas ce qui l'intéresse dans cette histoire mais plus le côté pathétique du serial killer.

Mais tu donnes lequel des deux sens à pathétique ?

Les deux même si l'un est involontaire (à cause de ce que je considère comme des maladresses d'écriture et une réflexion inaboutie)


ThierryM a écrit:
Winnetouch a écrit:
edit: Et maintenant, je vais te donner du grain à moudre avec l'histoire du Caviar Killer :lol:

Oui, tout à fait. Elle est totalement, à mes yeux, dans le déni de la réalité en cherchant une sorte d'excuse à son tueur, afin que finalement, la propre responsabilité du tueur soit à peu près équivalente à celle du journaliste. Ensuite, le coup du "méchant capitaliste" et de la "gentille riche" que c'est pas bien de la tuer parce qu'elle aide les pauvres, c'est tellement caricatural que cela en devient risible. Risible et même contre-productif. Car je pense, comme toi, que l'idée de Nocenti est de dire "oh c'est pas bien de tuer...." sauf que la suite de sa phrase, avec cet épisode, c'est "... parce qu'on peut se tromper de cible". Ben, non. Même le salaud du début, ce n'est pas normal de le tuer (sauf si Nocenti se présente comme partisan de la peine de mort - ce dont je doute fort). Alors, tu optes pour les maladresses de débutante ; pourquoi pas ? Mais, il est aussi possible de considérer que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément »… et, a contrario, quand les idées ne s’énoncent pas clairement, c’est qu’à la base, les idées elles-mêmes sont brouillonnes, inachevées et, soyons dur, pas réfléchies du tout. Nocenti en reste au niveau de l’affectif (« ça, c’est vilain », « ah mais ça c’est bôôôôôôô ») et a jeté à la poubelle tout effort de réflexion personnelle.


Je suis d'accord sur tout l'aspect caricatural de l'épisode. Certes j'apprécie sa volonté de sortir des sentiers battus (pour l'époque) dans cette première partie de son run mais c'est clair qu'elle ne fait souvent mouche (c'est vraiment avec l'arrivée de JRjr que le run devient intéressant)
Quand aux maladresses de débutante et à une réflexion inaboutie, je pense que ça peut très bien aller de pair. Une meilleure réflexion aide à avoir une meilleure écriture et vis versa.
Là j'en suis à la rencontre avec Brandy et l'attaque de la ferme et les échanges entre DD et ce personnage qu'on peut penser proche de la sensibilité de Nocenti sont déjà plus fins avec un DD qui questionne justement les motivations et les conséquences des actions de la jeune femme.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Jeu 20 Aoû 2015 16:54 
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5/ Voodoo People (Daredevil 243 – 244) :

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C'est donc avec ce nouveau diptyque que Louis William fait ses adieux à la série.
La cadence mensuelle a eu raison du jeune dessinateur de 21 ans qui a multiplié les retards et jamais réussi à assumer cette charge de travail, faisant de lui l'un des artistes à la carrière la plus météorique qui soit.

Pendant que Karen et la police ont de plus en plus de mal à accepter la justice expéditive de Daredevil, le diable rouge est sur les traces d'un dealer haïtien, Danny Guitar, dont la drogue fait des ravages dans les rues de Hell's Kitchen.
Sauf que DD n'est pas le seul à poursuivre Danny. Ce dernier s'est en effet enfuit d'un culte vaudou et utilise leurs pratiques pour mener ses affaires.
La prétresse du culte, Mambo, invoque une entité, le Nameless One, pour mettre fin aux activités de Danny.
Bien vite son chemin croise celui du protecteur de Hell's Kitchen qui survit de peu à leur confrontation.

Le Nameless One ayant laissé le gant ensanglanté de DD chez Matt et Karen en guise d'avertissement, cette dernière part à la recherche de son bien aimé en compagnie de l'inspecteur Bucko.
Nos protagonistes se retrouveront tous dans un entrepôt et même si Daredevil parvient finalement à battre le Nameless One, il ne peut l'empêcher de plonger Danny dans un état catatonique.
Le récit se conclue sur les retrouvailles de notre couple, DD réalisant qu'il existe d'autres formes de justice que celle des poings tandis que Karen comprend que les méthodes de Matt ne remettent pas en cause son sens moral.
La dernière case révèle qu'outre stopper Danny, Mambo voulait réunir les deux amants.

Une nouvelle histoire avec encore une fois du bon et du moins bon et qui permet à Nocenti de continuer à clôturer son aire de jeu tout en tentant de comprendre son personnage.

Si la scénariste continue à jouer avec certains de ses thèmes favoris comme la folie, le féminisme ou la confrontation des extrêmes, elle introduit ici l'opposition entre modernité et tradition, entre rationalité et mysticisme et le thème de la foi qui va occuper une bonne partie de son run avec Jrjr.

Il y a quelque chose de très 19ème dans cette entrée du vaudou, ses croyances, ses superstitions dans le petit monde urbain de DD. L'auteur joue du personnage de Danny Guitar, ce petit « paysan » monté à la grande ville et qui veut profiter de tous les plaisirs du monde moderne mais qui n'arrive pas à fuir les craintes et les superstitions du monde dans lequel il a grandi.
Le conditionnement (qu'il soit culturel, familial, génétique, social, scientifique, économique, scolaire...), ses traumas, les failles, les forces et les contradictions qu'il construit en nous ainsi que nos tentatives rarement couronnées de succès pour y échapper sont un élément central de son run qui traverse de nombreux personnages.
Karen Page, Hazzard, Dany Guitar, Brandy, Number 9, les Inhumains... tous sont renvoyés à ce qui les définis.
Et Matt Murdock lui même n'y échappe évidemment pas puisque quelque soit le chemin qu'il emprunte, il butte sur cet opposé vivant en lui : juriste, justicier, aveugle, super-héros, bon samaritain croyant, homme à femme menteur et égoïste...

Ce coup-ci, c'est bien sûr sa fonction de justicier masqué qu'elle remet en question et même si le procédé de l'histoire est par endroit un peu lourd, le fait de confronter DD à la justice d'une culture différente ainsi qu'à l'inefficacité de ses poings permet à la foi de le rapprocher de Karen et de paver la voie vers un retour à sa vocation de juriste.
En effet, même si cela est maladroitement emmené, comment Murdock pourrait comprendre et juger le sens de la justice d'une culture étrangère ? Et finalement, sa justice n'est elle pas tout autant « étrangère » pour la population américaine ?

La scénariste commence aussi à s'approprier Karen Page creusant sa peur de la violence mais aussi en lui donnant un tour plus pro-actif dans l'histoire qui vont lui permettre à la fois de comprendre la violence du monde et lui donner l'envie de se battre à sa manière pour ce qu'elle aussi elle croit juste.
C'est d'ailleurs principalement une histoire de femmes, Karen et la manipulatrice Mambo, qui s'affrontent inconsciemment par le biais de leurs héros/hérauts et le clin d'oeil du nom du dealer haïtien au film Johnny Guitar n'est peut-être pas un simple hasard.

Malgré cela, ce petit arc n'a pas la maîtrise du célèbre western de Nicholas Ray. La construction de l'intrigue, sa résolution et le cheminement intérieur des personnages sont encore une fois emprunts de raccourcis et de maladresses.
Autre point embêtant, la diarrhée verbale qui encombre les pages. Forcément, Nocenti qui écrit une histoire de vaudou c'est un peu comme lire du DeMatteis ou du Claremont sur le même genre de sujet.
Autant dire que la scénariste use et abuse de licences poétiques et autres métaphores en tous genres afin de créer une ambiance mais qui alourdissent considérablement l'histoire. On reconnaîtra néanmoins qu'elle évite de partir dans l'ésotérique à la DeMatteis. Ouf !

Quand à la dernière prestation de Williams, elle est sans éclat, terne et les quelques traces d'imagination qui étaient présentent dans l'arc de Rotgut ont disparu.

Ce sont ces défauts qui font que même si il y a encore une fois des idées intéressantes derrière tout cela, le résultat ne fait pas encore mouche .
La route est longue jusqu'à l'épisode 248.

6/ Tumbling Dice (Daredevil 245) :

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Encore une histoire d'exclu, de clash culturel et de loser qui tente d'échapper à sa condition.

Wheeler est un ancien membre de la garde du Wakanda venu s'installer à New York.
Mais Wheeler est surtout un accro au jeu qui entraîne sa famille dans sa chute.
Criblé de dettes mais ne sachant pas s'arrêter, il décide d'enfiler une dernière fois son costume afin de commettre un braquage.
DD et black Panther appréhende Wheeler mais s'oppose sur son sort. BP ne croyant pas qu'un homme puisse changer enjoint Wheeler à choisir la seule voie honorable pour sa famille (le suicide) tandis que Murdock croit aux vertus de la main tendue et de la rédemption.
Daredevil parvient finalement à convaincre la Panthère de donner sa chance à Wheeler. Le malheureux semble enfin décidé à se reprendre en main mais n'est-il pas trop tard ?

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En fait, cette histoire c'est un peu le négatif de la précédente qui fait que selon comment on l'aborde ou pourra y voir une incohérence ou une prolongation de celle-ci.
En effet, la scénariste confronte encore une fois son héros à une culture ayant une conception différente de la justice.
Sauf que ce coup ci, Daredevil préfère répondre avec une main tendue plutôt qu'avec ses poings lui donnant ainsi une image de bon samaritain qui ne bougera pas durant le reste du run.

Il faut dire aussi que Wheeler est un personnage bien différent de Danny Guitar. Au contraire de ce dernier, il ne cherche pas la richesse en se fichant du sort des autres mais à redonner espoir à sa famille, à se racheter auprès d'eux, à réparer ses torts.
Mais torturé et conditionné par le démon du jeu, il prend toujours le mauvais chemin, le chemin le plus rapide, le plus facile... le plus risqué aussi.
DD se fait donc partisan des secondes chances pour ceux qui reconnaissent leurs erreurs et qui sont finalement prêt à essayer de changer.
Ce qui s'avère au bout du compte le pari le plus risqué possible car même la meilleure volonté du monde peut-elle rattraper les erreurs passées ?
C'est toute l'ambivalence de la dernière case qui laisse le lecteur se demander si la femme de Wheeler lui pardonnera.

Le risque passe aussi par le costume ce qui permet à l'auteur d'introduire une réflexion intéressante sur la place de celui-ci dans la vie des superslips.
Le Trixter permettait de questionner DD sur le clinquant de la figure superhéroïque, les acrobaties et les costumes glamour suscitant l'admiration du public qui les admirent comme des stars de ciné et trouve cela trop cool.
Wheeler lui renvoie à un autre aspect ambigu de ce fétichisme slippesque au travers de l'amour du danger de tous ces types en collants qui jouent le sort du monde et leur propre vie à chaque combat.

Il faut aussi voir dans la famille de Wheeler un reflet de l'enfance de Matt Murdock vu qu'on y retrouve la même cellule brisée entre un père aimant et voulant le meilleur pour son fils mais glissant sur la mauvaise pente, un raté rêvant de sa gloire passée et ne sachant comment s'occuper de sa famille, une mère absente, ici enfermée dans sa chambre, et un garçon mature et débrouillard.
La famille, l'innocence et les enfants sont autant de figures qui vont se retrouver dans le run de Nocenti qui aimera tendre plusieurs fois une imagé déformée de son passé à Matt Murdock.
L'image du Père est même centrale que ce soit au travers de Wheeler, Skip et ses "filles", Mephisto, BlackBolt, Ultron ou bien sûr Daredevil lui-même dans son rôle de protecteur-éducateur des Fatboys.

Aux dessins, la paire Chuck Patton et Tony DeZuniga rendent un travail classique.
Rien qui ne puisse attirer spécialement les foules mais tout de même parfaitement lisible avec malgré tout un petit côté rétro qui fait que ça rappelle plus du Alex Saviuk, du Ron Wilson ou du Keith Pollard qu'autre chose.

Un épisode qui marque un certain progrès donc et qui aurait pu être meilleur si l'arc précédent avait été mieux mené afin d'éviter un sentiment de girouette du héros à la première lecture.

7/ Et pendant ce temps là à Vera Cruz (Daredevil 246) :

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Un autre épisode traitant de la chance... ou plutôt de la malchance pour le coup.
Nigel Townes savait bien qu'il n'aurait pas dû laisser monter ce type en costume rouge de carnaval dans son taxi.
Non seulement il a échappé de peu à une fusillade mais voilà que maintenant il est placé sous protection judiciaire.
Et le type en rouge continue de lui coller aux basques pour soi-disant le protéger. Et voilà que maintenant c'est un tueur à gages du nom de Chance qui en veut à sa peau.
C'est vraiment une sale semaine pour Nigel.

Et exceptionnellement ce n'est pas Nocenti qui écrit cette histoire mais l'ancien editor Jim Owsley.
Bientôt en partance de chez Marvel, il opte pour le ton de la comédie et du buddy movie pour ce fill-in décalé.
Imaginez Daredevil devant bosser avec le Eddie Murphy de 48 Heures et vous aurez une idée de ce récit enlevé et plein d'humour.
Owsley se fait plaisir en alternant les gags et les quiproquos à toutes les pages et son Nigel à autant de malchance et de mauvais caractère que Donald Duck.
Rien que la première scène assez WTF et qui voit DD entrer dans le taxi de Nigel pour poursuivre des malfrats donne le ton.
Aucune volonté de réalisme, de réflexion, d'étude de caractère ou autres.
Juste une semaine particulièrement agité dans la vie d'un pauvre quidam.
Le résultat est souriant même si rien ne fera réellement se décrocher la mâchoire du lecteur à l'exception d'un grand moment qui voit DD dans son collant et un Nigel en serviette de bain débarquer dans un bar de bikers bas du front.

Ce fill-in aurait gagné à avoir un dessinateur possédant un sens plus cartoony, plus slapstick que Tom Morgan.
Il ne livre heureusement pas encore le genre d'horreurs qu'il « dessinera » dans les années 90 mais sa copie servile du style Marvel classique entre Kirby et Romita Sr n'aide pas à véhiculer l'humour du script.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Jeu 20 Aoû 2015 18:57 
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Vu que je n'ai pas lu le run de Nocenti "dans l'ordre" (je n'ai récupéré le début, en VO, que bien après les V.I.) mais, là, c'est fou à quel point sa manière de présenter les choses correspond à tout ce que je ne supporte pas. La dernière fois, c'était les serial killer, là c'est le "relativisme idéologique" au nom du respect de la différence (qui est d'une stupidité sans nom), et toujours ce côté "oui mais c'est pas ma faute, c'est la société qui est méchante" ; jamais aucun de ses personnages n'est finalement responsable de son comportement. C'est effarant.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Ven 21 Aoû 2015 08:34 
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j ai pas lu tous ces épisodes...
Aprés la responsabilités des personnes n'empechent pas le systeme d induire certains comportements ou le contraire.
Je pense a titre personnel que le systeme induit une grande part des comportements. Cependant les individus ont la responsabilité du systeme à un certain niveau et de toute facon choisisse les actes (puisque comme tu le dis, tous les gens n ont pas le meme comportement pour une belssure passée).
Cependant la société induit que cs blessures arriveront souvent et ne tente pas de les eviter (quelle quelle soit pas forcement ton exemple plus haut des psychopathes).

C est souvent la difference entre "comprendre" et "excuser".

Bon n ayant pas lu les #, j ai peut etre complètement mal compris ce que tu veux dire

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Ven 21 Aoû 2015 08:45 
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Si vous devez poursuivre (n'hésitez pas, je suis ça de près !), ne devriez-vous pas changer de topic ?

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Ven 21 Aoû 2015 11:50 
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lhommesinge a écrit:
Si vous devez poursuivre (n'hésitez pas, je suis ça de près !), ne devriez-vous pas changer de topic ?

Tout à fait. Je ne serai pas le premier à me déplacer de topic en topic mais je suivrais un éventuel mouvement.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Ven 21 Aoû 2015 14:27 
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ThierryM a écrit:
Vu que je n'ai pas lu le run de Nocenti "dans l'ordre" (je n'ai récupéré le début, en VO, que bien après les V.I.) mais, là, c'est fou à quel point sa manière de présenter les choses correspond à tout ce que je ne supporte pas. La dernière fois, c'était les serial killer, là c'est le "relativisme idéologique" au nom du respect de la différence (qui est d'une stupidité sans nom), et toujours ce côté "oui mais c'est pas ma faute, c'est la société qui est méchante" ; jamais aucun de ses personnages n'est finalement responsable de son comportement. C'est effarant.


Sur ce coup, je ne te suis pas car tant pour Dany Guitar que pour Wheeler, aucun n'est dédouané de ses crimes par une quelconque influence de la société.
Nulle part dans l'arc on ne trouve de justification comme quoi c'est la société qui pousse Guitar à vendre de la drogue (après, certes sur sa capacité à ne pas se détacher de la culture vaudou, il y a un questionnement sur le conditionnement et les origines qui peut s'appliquer à toute personne quittant son environnement originel mais pour le coup, on part sur un chemin différent).
Quant à Wheeler, c'est pareil. C'est pas la société qui le pousse au fond du gouffre mais bien son amour du jeu tout comme c'est sa volonté personnelle (avec un coup de pouce de DD, ok) qui le fait se reprendre en main. La dernière case est d'ailleurs très forte dans son ambiguïté en laissant le doute quand à savoir si ce choix est venu trop tard ou non.
D'ailleurs, plusieurs personnages au cours du run ne sont pas exemptés de leur responsabilité individuelle: Mephisto, le Caïd, Ammo, Buschwacker, les Wild Boys... même des gens comme Bullet ou le tueur à l'aspirine ne sont pas dédouanés de leurs crimes.
Pareil pour le conditionnement (de quelque nature que ce soit). Si certains n'y échappe pas comme Mephisto, Hazzard, Rotgut, Medusa et Blackbolt... on voit que ceux qui ressortent grandis de ce run sont ceux qui dépassent les "évènements" qui les ont formés: Crook, Eightball (dans l'épisode de Noël), Blackheart (d'une certaine manière), Brandy et Number 9 et DD lui-même (que ce soit par eux-même ou parfois avec un petit coup de pouce des autres).
Au passage, le prochain épisode le montre clairement avec l'histoire de Crook qui s'affirme comme l'inverse de celle d'Hazzard.
J'anticipe mais vu que c'est là où j'en suis dans ma relecture, c'est tout le sens de la longue errance de DD après l'épisode Typhoid et de la ballade en enfer. Il y a à un moment un dialogue très éclairant entre Mephisto et un DD qui s'est détaché de tout où ce dernier affirme en substance que quels que soient les choses qui façonnent les hommes (la responsabilité du conditionnement), ils restent foncièrement libres et capables d'empruntés toutes les voies qu'ils veulent (la responsabilité individuelle donc) mais que c'est leur peur de cette liberté empêchent certains d'avancer.
Pour le relativisme idéologique, je le prend plus comme le questionnement qui va entraîner DD à se redéfinir. Bref, le doute comme premier pas dans dans une redéfinition du personnage.

Pour le débat, on peut continuer ici vu qu'il s'inscrit dans les thématiques du run. Pour ma part je n'y vois pas spécialement de hors-sujet.
Après, c'est sûr que si on commence à pondre 10 pages dessus et qu'on s'éloigne de la série, on pourra déplacer cela dans les conversations à suivre.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Ven 21 Aoû 2015 15:25 
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8/ Scanners (Daredevil 247) :

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C'est avec cet épisode orné d'une jolie couverture de Charles Vess qu'Ann Nocenti referme la boucle de ce que l'on peut considérer comme le premier mouvement de son run puisqu'elle revient sur la Veuve Noire et le projet Reptile.

En effet, un autre sujet du projet Reptile, Crock, a été envoyé à la poursuite de la Veuve afin de l'éliminer mais, victime de sa propre folie, il erre depuis dans les égouts de New York.
La Veuve, toujours passablement traumatisée par son expérience avec Hazzard vient demander l'aide de Daredevil.
Les trois personnes vont donc s'affronter à la fois physiquement et mentalement en essayant de dépasser leur propres traumatismes. A moins qu'ils ne se laissent submerger ?

C'est donc un négatif du premier épisode de DD qu'elle a écrit que la scénariste nous offre et qui permet de voir une direction commencer à naître après avoir posé les différents sujets qui l'intéresse.

On revient bien sûr encore une fois sur l'idée de conditionnement et la façon dont les expériences nous construisent et se gravent en nous pour le meilleur ou pour le pire.
Sauf que cette fois-ci l'auteur le fait littéralement avec le personnage de Crook, un super-agent bardé de câbles directement connectés à son cerveau.
Ces câbles rouges, bleus et blancs rappelle les pilules de Nuke et activent différents souvenirs douloureux chez Crock afin de diriger sa folie.
Sauf que son équipement est endommagé suite à sa confrontation avec la Veuve et qu'il est pris dans une spirale de flashbacks mémoriels tous plus douloureux les uns que les autres.
On plonge donc au fur et à mesure du récit dans ses différents traumas et ses expériences malheureuses avec les femmes. La manière dont il s'est laissé submergé par des première figures féminines castratrices lui ont d'ailleurs fait perdre son seul et unique amour.

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La Veuve n'est pas mieux lotie puisqu'elle ne réussit pas à se remettre de sa culpabilité dans l'affaire Hazzard qu'elle rejoue elle aussi en boucle dans sa tête.

La personne la plus sûre d'elle de notre trio est Murdock qui va permettre aux autres de reprendre le contrôle non par la force de ses poings mais par le poids de ses mots et le partage de ses propres expériences.
On assiste donc aussi à des flashbacks du passé de Matt montrant comment il ne s'est pas laissé dompté par son environnement et a tracé son propre chemin sans renier ses traumas ou en les laissant prendre le contrôle mais en transformant les mauvaises expériences à son avantage.

« If you don't beat a bad memory it will take swipes à you from your subconscious for the rest of your life »
« But you've got to make the best of the memories you have, turn them around, purge them. Even the bad ones can power you in good ways... He never gave up in the ring. And he never gave up trying to make a better man out of me. »

Nocenti renoue donc avec le « never give up » cher à Miller et par un jeu de ricochets les paroles de DD vont résonner en Natasha puis en Crock qui vont accepter la main tendue et dépasser leur peurs pour les transformer en un sentiment porteur et positif.
Tout le contraire d'un Hazzard qui pleurait l'illusion de son rêve américain et qui ne parvenait pas à dépasser ses expériences traumatiques.

Graphiquement aussi c'est l'opposé de l'épisode de Barry Windsor Smith puisque cette histoire est dessinée par Keith Giffen dans un style complètement sous l'influence de José Muñoz.
A la place des « statues grecques » des personnages de BWS, Giffen ne rend pas un résultat « beau » qui pousse le lecteur à se jeter sur son comic.
Mais la touche d'étrangeté qu'il donne au physique des protagonistes ainsi que son découpage serré et dense en gaufrier de 9 ou 6 cases convient parfaitement à l'histoire et renforce son impact.

Il faut aussi saluer au passage l'excellente prestation de la rarement mentionnée Christie « Max Scheele » qui à la charge des couleurs de la série depuis l'époque Miller (et continuera encore à prodiguer ses services durant les runs de Romita Jr et Weeks).
Sa palette assure une belle continuité sur plus d'une centaine de numéros et participe autant au look de la série que les couleurs éclatantes de Glynis Oliver sur les X-Men de Claremont.
Ici, elle joue même de l'absence de couleurs sur les flashbacks d'où ne surnage que des tâches rouges.

On peut faire un seul véritable reproche à cet épisode qui conclue une période où la scénariste s'est fait la main au gré d'expérimentations parfois hasardeuses.
C'est de finalement conclure cette histoire sur un suspense qui ne trouvera jamais de suite.

Les manigances du projet Reptile devaient être au centre d'un Marvel Graphic Novel de DD et la Veuve écrit par Nocenti et dessiné par Klaus Janson.
Malheureusement, pour des raisons d'emploi du temps, le projet sera maintes fois reporté avant d'être finalement enterré.
Dommage !

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MessagePosté: Ven 21 Aoû 2015 22:04 
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lhommesinge a écrit:
Ah ! Responsabilité individuelle contre environnement éducatif ! Vaste débat, très féroce au niveau politique de tous temps et encore aujourd'hui, avec la réforme de la législation sur les mineurs qui pointe à l'horizon...
Si vous devez poursuivre (n'hésitez pas, je suis ça de près !), ne devriez-vous pas changer de topic ?

(Je suis payé par Seth pour ce genre de post !)


J ai pas l impression d etre dans un débat binaire.
Je dis que les 2 points existent justement. Penser qu un seul est valable.. bof
L homme reste responsable de ces choix.
Mais souvent le systeme n aide pas ... et s il était mieux fait... il y aurait moins de gens qui choisiraient de "mauvaises" actions.

Apres je pense pas etre du même bord politique que Thierry mais je comprend ce qu il veut dire.
J adore Nocenti sur DD. C est surement pour moi le deuxieme meilleur run aprés miller. Cependant je crois me souvenir que sur l arc avec Ultron, j avais trouvé pas mal de naiveté... mais aussi je crois avec celui sur le reve americain avec Captain America.

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MessagePosté: Sam 22 Aoû 2015 10:28 
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Winnetouch a écrit:
ThierryM a écrit:
Vu que je n'ai pas lu le run de Nocenti "dans l'ordre" (je n'ai récupéré le début, en VO, que bien après les V.I.) mais, là, c'est fou à quel point sa manière de présenter les choses correspond à tout ce que je ne supporte pas. La dernière fois, c'était les serial killer, là c'est le "relativisme idéologique" au nom du respect de la différence (qui est d'une stupidité sans nom), et toujours ce côté "oui mais c'est pas ma faute, c'est la société qui est méchante" ; jamais aucun de ses personnages n'est finalement responsable de son comportement. C'est effarant.


Sur ce coup, je ne te suis pas car tant pour Dany Guitar que pour Wheeler, aucun n'est dédouané de ses crimes par une quelconque influence de la société.
Nulle part dans l'arc on ne trouve de justification comme quoi c'est la société qui pousse Guitar à vendre de la drogue (après, certes sur sa capacité à ne pas se détacher de la culture vaudou, il y a un questionnement sur le conditionnement et les origines qui peut s'appliquer à toute personne quittant son environnement originel mais pour le coup, on part sur un chemin différent).
Quant à Wheeler, c'est pareil. C'est pas la société qui le pousse au fond du gouffre mais bien son amour du jeu tout comme c'est sa volonté personnelle (avec un coup de pouce de DD, ok) qui le fait se reprendre en main. La dernière case est d'ailleurs très forte dans son ambiguïté en laissant le doute quand à savoir si ce choix est venu trop tard ou non.
D'ailleurs, plusieurs personnages au cours du run ne sont pas exemptés de leur responsabilité individuelle: Mephisto, le Caïd, Ammo, Buschwacker, les Wild Boys... même des gens comme Bullet ou le tueur à l'aspirine ne sont pas dédouanés de leurs crimes.
Pareil pour le conditionnement (de quelque nature que ce soit). Si certains n'y échappe pas comme Mephisto, Hazzard, Rotgut, Medusa et Blackbolt... on voit que ceux qui ressortent grandis de ce run sont ceux qui dépassent les "évènements" qui les ont formés: Crook, Eightball (dans l'épisode de Noël), Blackheart (d'une certaine manière), Brandy et Number 9 et DD lui-même (que ce soit par eux-même ou parfois avec un petit coup de pouce des autres).
Au passage, le prochain épisode le montre clairement avec l'histoire de Crook qui s'affirme comme l'inverse de celle d'Hazzard.
J'anticipe mais vu que c'est là où j'en suis dans ma relecture, c'est tout le sens de la longue errance de DD après l'épisode Typhoid et de la ballade en enfer. Il y a à un moment un dialogue très éclairant entre Mephisto et un DD qui s'est détaché de tout où ce dernier affirme en substance que quels que soient les choses qui façonnent les hommes (la responsabilité du conditionnement), ils restent foncièrement libres et capables d'empruntés toutes les voies qu'ils veulent (la responsabilité individuelle donc) mais que c'est leur peur de cette liberté empêchent certains d'avancer.
Pour le relativisme idéologique, je le prend plus comme le questionnement qui va entraîner DD à se redéfinir. Bref, le doute comme premier pas dans dans une redéfinition du personnage.

Pour le débat, on peut continuer ici vu qu'il s'inscrit dans les thématiques du run. Pour ma part je n'y vois pas spécialement de hors-sujet.
Après, c'est sûr que si on commence à pondre 10 pages dessus et qu'on s'éloigne de la série, on pourra déplacer cela dans les conversations à suivre.


Faut que je relise l'épisode avec Wheeler, parce que, dans mon souvenir, j'avais vraiment l'impression que c'est T'Challa et son intransigeance qui ressortait comme la cause des malheurs de Wheeler, son addiction au jeu, etc.

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MessagePosté: Sam 22 Aoû 2015 13:51 
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ThierryM a écrit:
Faut que je relise l'épisode avec Wheeler, parce que, dans mon souvenir, j'avais vraiment l'impression que c'est T'Challa et son intransigeance qui ressortait comme la cause des malheurs de Wheeler, son addiction au jeu, etc.


Pas pour l'addiction au jeu en tout cas. Par contre T'Challa est bien "mis en cause" pour deux choses:

1/ la décision de Wheeler d'utiliser son costume pour le braquage. Considérant que T'Challa désacralise la tenue de la Panthère en jouant les superslips, il décide de faire de même.
2/Le fait que T'Challa pousse Wheeler au suicide, seule solution honorable selon lui après tous les malheurs qu'a provoqué ce dernier.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Sam 22 Aoû 2015 14:06 
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fred le mallrat a écrit:
mais aussi je crois avec celui sur le reve americain avec Captain America.


Celui-là il est... heu... embarassant.
Cet épisode a des passages bien tartignoles :lol:

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Sam 22 Aoû 2015 14:24 
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oui mais Cap par Nocenti.. il me le fallait aaaa^^

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Sam 22 Aoû 2015 16:29 
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Winnetouch a écrit:
Celui-là il est... heu... embarassant.


À ce point-là ?
C'est malin maintenant le lecteur parfois déviant (fan de Dazzler) que je suis est intrigué g^^, à moins que ce soit un délire niveau Chuck Austen (genre Mojo qui fait du pole dance er(-yui ou je ne sais quoi).

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MessagePosté: Dim 23 Aoû 2015 17:28 
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Santino a écrit:
Winnetouch a écrit:
Celui-là il est... heu... embarassant.


À ce point-là ?
C'est malin maintenant le lecteur parfois déviant (fan de Dazzler) que je suis est intrigué g^^, à moins que ce soit un délire niveau Chuck Austen (genre Mojo qui fait du pole dance er(-yui ou je ne sais quoi).


C'est surtout.... comment dire... très maladroit et plein de raccourcis qui font que ce conte est plus involontairement comique que touchant (la séquence de Cap avec le journal est un beau ratage bien hilarant)

Mais on en est pas encore là, puisque voici les épisode de Leonardi.

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Dim 23 Aoû 2015 17:29 
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9/ Crash (Daredevil 248-249) :

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Même si Semic a relancé DD en France à partir du numéro 250 (RCM Daredevil) et que pour ma part j'ai décidé de diviser la prestation de Nocenti en fonction de ses principaux dessinateurs, c'est véritablement avec ce diptyque que débute la seconde partie du run de la scénariste.
Il faut dire qu'elle y introduit des éléments qui seront au centre du RCM et des premiers numéros de la VI.

La scénariste semble avoir quelque peu fait le ménage dans ses idées et donne enfin un direction précise à sa série.
Et comme la première fois, elle use de sa position d'editor des mutants pour attirer l'attention des lecteurs en accueillant en guest star le plus populaire d'entre eux : Wolverine !

Sortie renforcée de ses épreuves précédentes, Karen tente de convaincre Matt de mettre sur pied une association d'assistance juridique et d'aide au drogués avec elle.
Matt refuse n'ayant envie aucune envie de jouer à nouveau l'avocat ou l'aveugle de service depuis les événements de Born Again.
Ce qui va changer la donne, c'est la rencontre de Matt avec un jeune enfant, Tyrone, qui va soudainement perdre la vue dans des circonstances peu ou prou similaires à l'enfance du héros puisque les produits chimiques déversés par la Kelco dans un étang sont responsables de sa cécité.
Ne pouvant plus exercer son métier d'avocat et la justice de Daredevil ne pouvant aider Tyrone, Matt accepte finalement la proposition de Karen afin de donner aux plus pauvres les moyens de se défendre eux-mêmes.

Et le premier cas se présentant à Murdock est une femme qui craint pour la vie de son mari apparemment poursuivi par un tueur fou.
Sauf que le tueur en question est en fait Wolverine et que le mari est un mercenaire, Bushwacker, travaillant pour une organisation anti-mutants.
Qui de Wolverine ou de Daredevil verra sa conception de la justice triompher ?

Derrière l'affrontement classique entre justice expéditive et justice légale qui oppose Wolverine et Daredevil, Ann Nocenti en profite pour renouer les différents fils de la série, réintroduire la plupart des éléments milleriens et redonner à la série la direction qu'il lui manque depuis Born Again.

Le procédé consistant à confronter Murdock à un reflet de son passé est à la fois facile et ultra-malin. Ainsi Tyrone, ce jeune garçon élevé par un père célibataire et devenu aveugle suite à un accident, permet au héros de renouer avec ses racines et à la scénariste de renvoyer le personnage à la fois à sa condition d'aveugle et à sa fonction de juriste.

Deux caractéristiques auxquelles Matt essaie vainement d'échapper depuis la conclusion écrite par Miller. Sauf que Nocenti ne gomme pas les conséquences de la chute ourdie par Miller. Bien au contraire, elle rebondit dessus pour enfin tirer le perso sur son terrain à elle de manière beaucoup plus naturelle et cohérente que précédemment.

Si Murdock ne veut toujours pas redevenir avocat et rejoindre un système qu'il considère avoir trahi, il met dorénavant son expérience au profit des plus démunis afin de leur donner les armes pour se défendre eux-mêmes.
Elle continue donc dans la voie d'un Daredevil qui n'est plus seulement un protecteur mais aussi un bon samaritain toujours prêt à tendre la main pour aider les plus faibles à se relever, un berger indiquant le bon chemin à ses ouailles perdues.
Ce qui d'une certaine manière prolonge la figure d'un DD christique construite par Miller.

Les démêlés de Tyrone avec la Kelco vont constituer le fil rouge principal des premiers épisodes de Nocenti avec Jrjr et lui permettre de creuser à la fois la spécificité du héros et de traiter des sujets qui l'intéressent.
Outre l'écologie, la justice, la foi, les exclus, la corruption, la violence, la condition féminine... la scénariste va aussi s'intéresser à la condition des aveugles et à la manière dont ils surmontent leur handicap.

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Par extension, l'aveuglement à tous les sens du terme est au centre de ce petit arc.
L'aveuglement de Matt quand à sa nature de juriste, celui de Wolverine partisan d'une justice aveugle, de Bushwacker qui pense agir pour le bien de la société ou de sa femme qui ne peut accepter que son mari est un tueur.

Le personnage de Bushwacker, sorte de cyborg pouvant transformer ses bras en armes à feu (concept que Jrjr détesta au passage car trop irréaliste à son goût) est pour le coup un caractère n'ayant aucune excuse. Il a beau se défendre mollement en se prétendant en croisade et en affirmant jouer un rôle permettant de purger la société, il tombe bien vite le masque en montrant qu'il exerce son métier par amour de l'argent, des armes et de la violence. Il reflète encore une fois une certaine vision désabusée de Nocenti sur une partie de la société américaine.

Elle se fend d'ailleurs au passage d'une double séquence bien déviante et pleine d'humour tordue sur les rapports entre sexe et violence qui annonce d'une certaine manière Crash et Tueurs Nés avec un mélange de couple sur-sexué, de voiture, de violence et de cartoons. Pour le clin d'oeil, on notera aussi que le personnage de Bushwacker rappelle un peu le Terminator de James Cameron, se dont la scénariste s'amuse dans la séquence l'introduisant (Sarah Connor?)

Cela permet aussi à l'auteur de réintroduire des figures bien connues du lectorat comme Foggy Nelson devenu avocat de la Kelco, sa petite amie Glorianna O'Breen, et surtout la némésis du diable rouge, le Caid qui est l'éminence grise derrière les agissements de la Kelco et qui brûle toujours d'une haine indestructible pour Murdock.
Le grand moghol du crime, quelque peu énervé de voir qu'il n'a pas réussi à briser son ennemi, va tout faire pour briser DD.

Avec cet arc, Ann Nocenti s'est enfin appropriée la série et prépare donc la prochaine chute de Daredevil en présentant un cadre et des thèmes suffisamment familiers pour appâter le lecteur tout en gardant une touche personnelle qui empêchera les futurs épisodes de ressembler à une pâle copie du travail de Miller.

Dernier point et non des moindres, l'excellente partie graphique pondue par le meilleur dessinateur régulier de fill-ins de l'époque, Rick Leonardi.
Ceux qui ont suivi la série Spider-Man 2099 connaisse bien toute la qualité de son association avec Al Williamson et ce diptyque ne les démentira pas.
Son trait rond, ses formes bondissantes toujours en mouvement, ses cadrages et mises en pages audacieuses sont autant de délices qui s'accordent parfaitement à la série et comme toujours donne un goût de trop peu.

Heureusement, le lecteur ne regrettera pas trop longtemps puisqu'arrive John Romita Jr qui va effectuer sur Daredevil l'un de ses meilleurs travaux (son meilleur?).

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Lun 24 Aoû 2015 08:15 
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Avec le recul, je crois que j'ai peut-être une légère préférence pour les épisodes de Leonardi de la période australienne, la tournure prise par le style de Silvestri vers la fin de son run sur Wolverine y étant sans doute pour quelque chose (à l'inverse je considère les premiers épisodes comme ce qu'il a fait de mieux) alors que son comparse moins populaire mais tout aussi doué je trouve est resté plus ou moins égal à lui-même.
Et on ne dira jamais assez à quel point Williamson était un des plus grands encreurs de la profession (je me demande si c'est l'épisode de Nocenti avec Thanos qui a décidé les éditeurs à réunir cette équipe créative sur la version 2099).

Winnetouch a écrit:
John Romita Jr qui va effectuer sur Daredevil l'un de ses meilleurs travaux (son meilleur?).

En même temps lequel de ses runs et en mesure de pouvoir rivaliser avec celui-ci ?
Je ne vois guère que celui sur les mutants (et encore par rapport aux périodes précédentes c'est une phase de transition un peu inégale mais qui contient de beaux moments comme Lifedeath et la rupture Kitty/Peter).

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 Sujet du message: Re: Red is the new Black
MessagePosté: Lun 24 Aoû 2015 08:30 
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Ca depend aprés comment on juge.
En travaux, il y a Thorion qui est quand même trés bon... et le GR/Punisher/Wolvie (je parle au niveau graphique) ou son Man Without Fear...
Aprés en court run.. je trouve que ces Punisher War Zone sont trés bons, plus précis que ces DD...

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